Vérifier un artisan en dix minutes
Par Yanis Mougas — mis à jour le
La plupart des litiges en plomberie ne viennent pas d'une malhonnêteté sophistiquée, mais de vérifications élémentaires que personne n'a faites. En voici quatre, réalisables depuis votre téléphone pendant que l'artisan vous parle.
1. Le SIRET, trente secondes
Le numéro SIRET doit figurer sur le devis. Il se vérifie gratuitement sur l'annuaire des entreprises de l'État. Vous y trouvez la date de création, l'activité déclarée et le statut — actif ou cessé.
Deux signaux d'arrêt : l'entreprise n'apparaît pas, ou son activité déclarée n'a rien à voir avec la plomberie et le chauffage. Un troisième mérite une question, sans être disqualifiant : une entreprise créée il y a trois semaines qui vous propose un chantier de 15 000 €.
2. L'assurance décennale, deux minutes
Demandez l'attestation. Trois points à contrôler, dans cet ordre :
- La validité — l'attestation couvre une période, vérifiez qu'elle inclut la date de vos travaux.
- Le nom — celui de l'entreprise qui facture, pas celui d'un « partenaire ».
- Les activités listées — l'attestation énumère les activités garanties. Une décennale « plomberie » qui ne mentionne pas le chauffage ne vous couvre pas pour une installation de PAC.
Une entreprise sérieuse envoie cette attestation par mail sans discuter. Une réticence sur ce point est en soi une information.
3. La qualification RGE, si des aides sont en jeu
Pour tout ce qui touche à la rénovation énergétique — pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique, équipements subventionnés — la qualification RGE conditionne l'accès à MaPrimeRénov' et aux CEE. Elle se vérifie sur l'annuaire officiel publié par France Rénov'.
Le point de vigilance est précis : c'est l'entreprise qui réalise les travaux et qui facture qui doit être qualifiée. La formule « nous travaillons avec un partenaire RGE » ne suffit pas, et c'est exactement le montage qui fait perdre les aides après coup, quand le dossier est instruit.
4. Le devis, et ce qu'il doit contenir
Au-delà de 150 € TTC, le devis écrit est obligatoire pour les travaux de dépannage, réparation et entretien du logement. Un devis exploitable comporte au minimum :
- L'identité complète de l'entreprise, son SIRET et son assurance.
- Le détail des prestations, ligne par ligne — pas un « forfait rénovation ».
- Les fournitures avec leurs références, quand elles pèsent dans le prix.
- Le taux de TVA appliqué et sa justification.
- Les délais d'exécution et les conditions de paiement.
- La durée de validité de l'offre.
Les signaux qui doivent vous faire raccrocher
- L'urgence artificielle. « Cette offre est valable aujourd'hui seulement » n'est pas un argument technique.
- Le montant d'aide garanti par téléphone. Il dépend de vos revenus et de votre logement : personne ne peut le promettre sans les connaître.
- Le refus de chiffrer avant d'intervenir sur un dépannage.
- Le paiement intégral demandé en espèces, ou un acompte couvrant presque tout le chantier.
- Le démarchage téléphonique sur la rénovation énergétique, encadré et largement restreint.
Si le litige est déjà là
Commencez par un courrier recommandé exposant précisément les faits et ce que vous demandez. Beaucoup de dossiers se règlent là. En cas d'échec, les recours possibles sont le signalement à la DGCCRF via la plateforme SignalConso, la saisine d'un médiateur de la consommation — l'entreprise doit vous en indiquer un — et, en dernier lieu, la juridiction civile. Conservez tout : devis, factures, échanges écrits, photos datées.
Questions fréquentes
Un devis est-il obligatoire ?
Puis-je refuser de payer si aucun devis n'a été établi ?
Que faire si l'artisan a été démarché à mon domicile ?
L'artisan me demande un acompte important, est-ce normal ?
Décrivez votre situation en 60 secondes
Nous transmettons votre demande à un artisan du département. Gratuit, sans engagement, et vous restez libre de refuser le devis.
- ✓ Artisans du 79 uniquement
- ✓ Aucune donnée revendue à des publicitaires
- ✓ Sans engagement